Matoub Lounes 


Lounès Matoub avait un rapport particulier avec la culture Kabyle et Algérienne. Il a macéré sa parole avec la rigueur de tous les grands poètes Kabyles anciens en dépassant le moralisme et le lyrisme de l’époque.

« Je ne suis pas de ceux qui dénient, qui renient La bonté dans les mœurs de nos ancêtres. Mais l’homme de progrès est celui qui œuvre A trancher les jougs qui humilient notre dignité… »
Extrait de : Libre et femme

Il avait compris la mort qui guette les imazighens de Kabylie, il a su s’approprier ce qui est voué à l’anéantissement orchestré par l’imposture politique, religieuse et des Kabyles de service .

« Arrive une tonnant rumeur
A l’assaut de nos villages,
Tout ce qui s’arme d’abjection
Engloutira notre honneur.
La tragédie a transgressé ses bornes,
Elle a trouvé ses cervelles, y mène sa besogne :
Tizi, sa dignité a depuis longtemps déchu,
Les secrets de Bougie sont bradés. Une tonnante rumeur
Perce nos villages,
Mais nous ne sommes pas assez ardents
Pour la combattre et la vaincre…
 »

Matoub a injecté un filtre de vie dans la poésie de son peuple, non pour une célébration macabre mais pour une réactivation de la vie afin de s’opposer à l’impossibilité où se trouve la Kabylie de résister à l’invasion de la société industrielle sous la forme d’oligarchies économiques et paramilitaires meurtrières. Matoub Lounes remplie la fonction de l’historien matérialiste décrit par Walter Benjamin

« Le signe d’une chance révolutionnaire dans le combat pour le passé opprimé .Il saisit cette chance pour arracher une époque une époque déterminée au cours homogène de l’histoire ; il arrache de même à une époque telle vie particulière, à l’œuvre d’une vie tel ouvrage particulier .Il réussit ainsi à recueillir et à conserver dans l’ouvrage particulier l’œuvre d’une vie, dans l’œuvre d’une vie l’époque et dans l’époque le cour entier de l’histoire ».

« Et moi écoeurant mes racines jusqu’au reniement,
Quelle sera l’offrande suprême ?
Où se trouve le remède à ma souffrance ?
L’angoisse me pertuis, habite mon cœur ;
Mon corps est flétri, mes membres desséchés,
J’ai vu la corruption dévorer ma souche.
Ce sont les penchants de ma progéniture
Qui me ravagent le cerveau ;
Chacun selon ses prêches.
 »

Extrait de : communion avec la Patrie.

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