En 2026, le pentest augmenté à l’intelligence artificielle est devenu un argument commercial incontournable dans le secteur de la cybersécurité. Mais derrière les promesses marketing, une question technique demeure rarement posée : où transitent les données de votre entreprise quand un consultant colle des logs réseau ou des sorties de scan dans un assistant IA ? La réponse, dans la plupart des cas, est simple et peu rassurante. Umbra, la plateforme de pentest agentique développée par la société française HackHeart, a été conçue pour répondre précisément à ce problème.
C’est le défi que s’est fixé HackHeart, cabinet français de cybersécurité offensive, en développant Umbra depuis fin 2024 : garantir que le modèle de langage ne voit jamais les vraies valeurs sensibles d’un client. Adresses IP, noms de domaine, identifiants, tokens – aucun de ces éléments ne transite en clair vers un LLM externe.
Le problème silencieux du pentest assisté par IA
Depuis dix-huit mois, la mention « IA » ou « pentest augmenté » s’est généralisée dans les plaquettes commerciales des cabinets de sécurité. La réalité technique derrière ces formulations est pourtant hétérogène. Dans un grand nombre de cas, elle se résume à un consultant qui soumet des sorties d’outils – résultats Nmap, extraits de trafic HTTP, fragments de code – à ChatGPT, Claude ou Copilot pour accélérer l’analyse ou la rédaction du rapport.
Ce flux de travail pose un problème juridique et technique précis. Dès qu’un contenu soumis à un modèle contient un identifiant technique lié à une personne morale identifiable – une adresse IP publique attribuée, un sous-domaine, un extrait de code propriétaire – un transfert de données a lieu. Ce transfert s’effectue vers des serveurs hébergés hors Union européenne, sous juridiction américaine, soumis au CLOUD Act et au FISA 702. Le client du cabinet n’a signé aucun contrat avec OpenAI ou Anthropic. Dans la plupart des missions, il n’a même pas été informé que ses données d’infrastructure traversaient ces infrastructures.
Pour les entreprises soumises à des référentiels stricts – opérateurs d’importance vitale, établissements de santé sous certification HDS, banques sous DORA, fournisseurs critiques couverts par NIS2 – la situation est particulièrement sensible. L’ANSSI recommande depuis son guide 2024 sur l’IA générative l’usage de modèles locaux ou d’instances hébergées en France pour tout traitement impliquant des données sensibles. Un pentest sur ce type de périmètre ne devrait, en toute rigueur, jamais impliquer un modèle cloud hors UE.
L’architecture Umbra : 89 agents, un coffre-fort de données, une validation humaine
Umbra fonctionne avec 89 agents spécialisés orchestrés par un agent stratégique central. Chaque agent couvre un périmètre technique précis : applications web, API REST et GraphQL, cloud public (AWS, Azure, GCP), Active Directory et Entra ID, CMS courants (WordPress, Drupal, Joomla, Magento, PrestaShop, Moodle), Kubernetes, pipelines CI/CD (Jenkins, GitLab CI, GitHub Actions), applications intégrant des LLM, applications mobiles et analyse de code source (SAST, de la source vers le sink). L’ensemble couvre un périmètre technique que trois pentesters juniors seraient incapables de traiter dans le même délai.
Le composant central de la souveraineté de la plateforme est le Privacy Vault. Ce module intercepte chaque contenu destiné au modèle de langage et remplace les éléments identifiants par des jetons déterministes stables dans la session : une adresse IP devient IP_PRIVATE_003, un nom de domaine devient URL_002, un identifiant devient CRED_004. La réhydratation – le remplacement des jetons par les vraies valeurs pour l’exécution – se produit localement, dans un gateway interne, après la réponse du modèle. Le LLM ne manipule jamais que des abstractions. Pour les missions les plus sensibles, Umbra peut basculer sur un modèle hébergé localement, coupant tout accès réseau externe.
La chaîne de validation des findings suit trois niveaux avant qu’un résultat n’apparaisse dans le rapport. L’agent producteur effectue d’abord un auto-challenge : il tente de réfuter sa propre conclusion avant de la valider. Un agent verifier adversarial indépendant reçoit ensuite le finding sans contexte partagé et tente de le contredire. Enfin, un pentester senior HackHeart valide manuellement chaque résultat avant émission du rapport. L’objectif est de supprimer les faux positifs, défaut structurel des outils de scan automatiques, qui détériorent la confiance dans les résultats et font perdre du temps aux équipes techniques du client.
Umbra n’est pas un logiciel distribué ni une plateforme SaaS en accès libre. La plateforme est utilisée exclusivement en mode service, par les pentesters HackHeart, dans le cadre de missions contractualisées avec mandat écrit du client. Cette décision vise à garantir que chaque utilisation de la plateforme soit encadrée par une autorisation formelle et une responsabilité professionnelle identifiée.
Un modèle tarifaire transparent dans un marché opaque
Le marché du pentest souffre d’un manque chronique de transparence tarifaire. La majorité des cabinets ne publient aucun prix sur leur site, pratique qui contraint les acheteurs – souvent des DSI ou des RSSI sans benchmark récent – à multiplier les demandes de devis pour des prestations difficiles à comparer.
HackHeart a fait le choix de publier les tarifs Umbra directement sur son site. La gamme comprend trois niveaux : Umbra Essentiel à 1 990 € HT pour un scan agentique d’un à cinq IP en mode black-box, Umbra Pro à 2 490 € HT pour un pentest complet jusqu’à vingt IP en mode black et grey box, et Umbra Avancé à 2 990 € HT pour une analyse white box étendue incluant le cloud et un retest. Un pack annuel de quatre tests Pro est disponible à 7 900 € HT, soit 1 975 € par test – un tarif qui intègre la dimension agentique dans un budget jusqu’ici réservé aux tests classiques les moins approfondis.
Ces tarifs se situent en dessous des fourchettes habituellement observées pour un pentest manuel complet en région parisienne (entre 3 000 € et 8 000 € HT selon le périmètre), tout en intégrant une couverture technique plus large grâce à l’automatisation agentique. La proposition de valeur repose sur l’élimination du coefficient géographique et sur la parallélisation des agents, qui permet de couvrir en quelques heures des surfaces qui nécessiteraient plusieurs jours de travail manuel.
Le contexte réglementaire pousse dans ce sens. La directive NIS2, dont la transposition française est en cours d’examen parlementaire, va étendre les obligations de cybersécurité à des milliers d’entités supplémentaires classées comme entités essentielles ou importantes. Pour ces organisations, la capacité à démontrer des tests de sécurité réguliers – et à en maîtriser la chaîne de traitement des données – devient un argument de conformité autant qu’une pratique de sécurité. En Belgique, où la transposition est déjà en vigueur depuis la loi du 26 avril 2024, plusieurs secteurs régulés ont déjà intégré le pentest documenté comme critère d’audit.
Le pentest agentique souverain représente une réponse cohérente à deux tensions simultanées du marché : la pression à l’efficacité qui pousse à automatiser, et les obligations réglementaires croissantes qui imposent de localiser et de maîtriser les traitements. Que cette architecture devienne un standard de référence ou reste une niche pour les périmètres les plus sensibles dépendra en partie de la vitesse à laquelle les acheteurs publics et les opérateurs critiques intégreront ces critères dans leurs appels d’offres.
Article publié dans le cadre d’un partenariat sponsorisé

