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Musique

secourable qui est à l’origine de la transmission orale de la musique Andalouse et de sa perpétuation dans le temps

musique Andalouse

La musique n’est pas seulement un talent venu du ciel, c’est un privilège divin de pouvoir en jouer. Il ne saurait y avoir la moindre débauche attachée à elle, et elle doit être donnée selon la même veine spirituelle dont elle est issue. C’est quelque chose d’indépendant de nous-mêmes. C’est pourquoi des musiciens divers s’expriment eux-mêmes d’une manière aussi personnelle avec des instruments divers.
Un instrument peut-être qui s’efforce à reproduire des inflexions de la voix humaine. La pureté du son n’est pas recherchée pour elle-même, comme dans la musique européenne. L’unité de la matière est rompue : celle-ci se trouve perpétuellement triturée à des fins expressives. Dans certains styles « l’inflexion et l’attaque » ont une importance capitale ; elles peuvent exprimer au même titre que l’invention d’une phrase mélodique, le potentiel créateur et la personnalité d’un musicien ou du (musicien chanteur) ; elles communiquent à l’auditeur le choc spirituel avant qu’il ne soit physique.

Le facteur principal semble être « la perfection rythmique de l’exécution », chaque note étant exactement « mise en place », sans toutefois qu’il en résulte la moindre impression de « contrainte » ou de « raideur », qui serait incompatible avec l’idée du malouf.
Cheikh Darsouni le fait merveilleusement: ainsi, l’imaginaire au service du malouf dans ses œuvres l’application de son art, empreint de son enthousiasme pour les cultures populaires et universelles et pour les valeurs éthiques, ethniques et mystiques de créativité du peuple, aussi bien que pour les rêves sur l’avenir.
Cheikh Darsouni en usant de toute sa clairvoyance et de tout son savoir, a su avec tant d’autres de sauvegarder le malouf qui a heureusement survécu grâce à la transmission orale car au niveau de sa transcription d’ailleurs (peut-être restreinte), elle a été terriblement expurgée.

Cheikh Darsouni, ne voudrait être d’aucun temps ni d’aucun pays. Mais il fait partie de tous les temps et de tous les pays. Mais sa patrie n’est pas obligatoirement celle où il a vu le jour, mais pourrait être celle où il aimerait vivre, car il vit déjà et c’est Constantine qui est la sienne et celle aussi où certainement, il aimerait continuer à vivre encore longtemps dans cette ville qui l’a conquis depuis son enfance en le prédestinant à la musique pour perpétuer l’art noble du Malouf. Mais pour combien de temps, lorsqu’ on reprend un écrit de Abou-Ala Al Maàri qui disait « Si je pouvais vivre plus longtemps que tous ceux de ma génération, je ferais certes un apport dépassant de beaucoup de nos éminents prédécesseurs ». Oui, cela explique que les créateurs en viennent à se dresser contre leur temps qui leur pose le déjà – fait comme obstacle à leur expression seule génératrice du progrès.

Dans le cadre des liens indéniables entre l’Art et le compromis, Cheikh Darsouni choisit la moralité non en tant que démagogie ou constance de la conscience statique, il choisit l’efficacité du dépassement des histoires et des crises provoquant dans l’art, la mesquinerie, mais l’autodiscipline d’un certain type de croyance en l’existence des valeurs de moins en moins englobante en tant que système général et de plus en plus en tant que résistance, retient la méthode de recherche et découverte comme une nécessité de changement global et une garantie de durée. Croire en une victoire certaine serait audacieux mais du moins décider d’endurer laisse au moins certaines chances.

Est-il possible d’ajouter le mot évolution – au sens authentique – organique : Continuité jamais interrompue – au nom de l’un de nos meilleurs CHOUYOUKHS et à l’un de nos meilleurs interprètes du Malouf ? Sans hésitation, on peut l’écrire pour si Kaddour Darsouni qui a sacrifié avec tant d’autres toute sa vie au service de cet art noble.
Depuis plus d’un siècle, l’art n’a cessé de briser les frontières entre les continents : les formes, les sons, circulent et se répercutent d’un bout à l’autre la planète, des emprunts, des rapports, des contacts s’établissent entre les formes d’art les plus éloignées dans le temps et dans l’espace.
Ces indications sont encore insuffisantes à la compréhension entière entre les peuples de cette planète. Elles sont aussi indispensables, aujourd’hui, à la compréhension historique de ce qu’on appelle « les arts en Algérie », mais il suffirait que de bonnes volontés se manifestent pour que les artistes retrouvent leur sourire. C’est sans doute que d’une telle belle initiative que naîtra l’espoir. Oui,C’est cet espoir qui fera naître ce sédiment de respect pour les artistes pour qu’ils aient une place au soleil et à se hisser sur les cimes de la culture.

Aujourd’hui, Cheikh Darsouni essaie de remonter plus loin dans sa mémoire, cela exige un effort surhumain, une douleur si forte…il s’affaisse au fur et à mesure qu’il avance avec le poids de l’âge comme si les années devenaient de plus en plus lourdes, se chargeaient de présence nostalgique parfois amère, d’un fluide dense que ses épaules prises dans un étau, en seraient pulvérisées. Il ferme les yeux et bouche les oreilles pour mieux nous voir et nous entendre tout en étant lui-même, un artiste humble et pieux,vivant avec son ataraxie et son atavisme.

Cheikh Darsouni, cet immense artiste, ce professeur, ce musicien prolifique qui s’est distingué par son humilité et sa modestie, qui n’a pas renié ses origines et de ses racines culturelles au plus profond des croyances et de ses repères civilisationnels.
Il est parvenu à transmettre dans ses œuvres musicales une approche aux qualités humaines remarquables. On en oublie la dureté certaine du travail immense consenti par des efforts épuisants pour n’en voir que le côté de la musique. Dans son profond intérieur, il veut que l’on se souvienne de lui mais de ce qu’il lui aura fallu accomplir pour se faire entendre. Il a voulu rester lui-même en refusant toutes les tentations et les plaisirs égoïstes.
La différence entre les cœurs n’existe pas, tout le monde cherche un peu plus de tendresse qu’il n’en a, c’est aussi ce que nous offrent aujourd’hui les œuvres de si Kaddour et qui sont dédiées comme tant d’autres à la postérité. Et Comme celles, aussi d’Arthur Rimbaud, ce compétiteur et combatif qui, dés l’âge de I5 ans, a dédié soixante et quinze vers latins à Jugurtha pour stigmatiser la colonisation Française en Algérie.

Hymne au Maître Cheikh si KaddourDarsouni

Qui ne te connaît pas si Kaddour
Cheikh du Malouf
Tu ne nous chercherais pas
Si tu ne nous avais déjà trouvés
Tant que tu ne cherches pas une chose
Tu ne la trouves pas
Excepté le Malouf
Avant de l’avoir trouvés,
Tu ne le cherches pas
Car tu le vis, il est en toi
Il t’a conquis et possédé
Il est en toi dans tes veines
Vibrant dans ton cœur qui
Bat à l’unisson
Le malouf est plus prêt de toi
Que toi-même, que ton âme,
Que de ton souffle
Tu vivais de ta mystique
Elle est devenue politique
Bien que tu fus le jeune
Intelligent qui faisait de la politique
Tu vivais de ta mystique
Elle est morte de sa politique
C’est le nationalisme qui l’emporte
Tu voulais allumer des bougies
A l’occasion des prêches
De Cheikh Abdelhamid Ibn Badis
Que tu as connu et côtoyé
Bien que tu fus jeune
Par son action d’éveilleur de conscience
Qui prônait toujours les vertus du dialogue
De la toléranceet du savoir
A éveillé en toi l’amour de la patrie
Et toujours en militant pour les causes justes
Tu voulais l’écroulement
De l’empire colonial
Tu n’as pas hésitéà sacraliser l’Algérie
De Novembre qui a emblématisé
L’Algérie de l’indépendance
Et toujours en quête du savoir
Tu fouinais dans les bibliothèques
Jusqu’à celle du Cheikh Ibn Badis
Tu cherchais dans les méandres
De la mémoire collective
Tout ce que peut contenir la mémoire populaire
Pour développer et conserver le Malouf
Sachant que la musique n’est pas
Seulement un talent venu du ciel,
Mais un privilège divin
De pouvoir en jouer
Cette musique qui n’a pas échappé
Au phénomène de la colonisation,
Et que la mémoire collective
A su, en sismographe sensible,
La prévenir et l’éterniser
Par ton humilité
Tu as toujours forcé
L’admiration
Mais ton effacement
Parfois nous dérange
Tu es pieux et sobre
Tu ne sais pas qui tu es
Une substance rare
Et le but de ta quête
Ce n’est que semer
Et récolter que du Malouf
Tu brilles au jour
Comme de nuit
Lumière du soleil
Lueur de lune
Tes prières et invocations
Sont exaucées
Et encore tu es proche en vérité
Que tu reçoives les salves
D’applaudissements
De tes admirateurs qui ne sont
Que tes serviteurs qui te vouent
Leur amour et qui te vénèrent
Comme un saint
Tes élèves, ceux qui naissent
Ceux qui grandissent
Ceux qui qui héritent
De ton enseignement
Sur ton chemin spirituel
Tu as rencontré la gloire
En cachant ton cœur blessé
Mais ô combien noble
Tu as renoncé à tous
Les plaisirs égoïstes
Tu as sacrifié ton temps
Et ta famille pour que
Constantine renaisse
Tu n’habites pas un château
Où une villa
Mais dans les cœurs modestes
Ceux que tu as réussis
A tenir en haleine
Pourquoi tu penses
Depuis toujours
Que tu te vois mort,
Lavé, enveloppé
Dans le linceul ;
La prière funéraire
Faite à ton sujet ;
Tu te vois porté au tombeau
Et enseveli dedans ;
Ta famille et tes amis partis ;
Te laissant tout seul et
Tu sais ainsi que rien ne saurait
Te porter profit si ce n’est
Tes bonnes œuvres
Sois dans ce bas monde
Comme un étranger et un voyageur
Et compte-toi au nombre
Des habitants des tombeaux
Mais lèves-toi,
Ô amoureux du Malouf,
Tu es toujours vivant
Montre quelque impatience :
Le bruit de l’eau, toi assoiffé
Pour en boire du Malouf,
Mais si tu dors
Tu risques de te réveiller
Mais si tu es éveillé
Tu risques de dormir
Et ce n’est pas sans raison
Que le sommeil est une métaphore
De la mort
Et nous sommes là et non las
A t’attendre
Et que le printemps est juste
Aux portes de Constantinne
Où tu peux respirer les senteurs
De ses jardins verdoyants
Et cueillir les plus belles fleurs
Pour les offrir à la postérité
Et à tous ceux qui aiment Constantine
A la revoir revenir à la vie
Et avec ta flûtede roseau
Magique et enchanteresse
Tu fais vibrer l’âme de la terre
L’âme de Constantine.

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